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Mutualisation des réseaux mobiles

Posté le : 14 février 2014 par Fabrice Godeau Aucun commentaire

31 janvier, Bouygues Telecom et SFR ont conclu un accord stratégique pour partager une partie de leurs réseaux mobiles. Les présidents de SFR, Jean-Yves Charlier, et Bouygues Telecom, Olivier Roussat, ont précisé, devant la presse, le contexte et les termes de cet accord.

Retour sur l’accord conclu entre Bouygues Telecom et SFR

Dans un environnement économique difficile, les opérateurs sont confrontés à une explosion des usages et une augmentation importante des trafics. Deux défis auxquels répond ce projet, « qui s’inscrit dans le cadre défini par les licences 4G délivrées par l'ARCEP en janvier 2012 et par l’avis de l’Autorité de la concurrence de mars 2012 ».

Cet accord répartit le territoire en trois zones : une zone très dense sur laquelle chaque opérateur conserve son propre réseau, une "zone SFR" et une "zone Bouygues Telecom". Chaque opérateur gère ainsi une partie du territoire pour le compte de son partenaire.

Le futur réseau sera mutualisé en 2G, 3G et 4G sur 57% du territoire. Le réseau cible comptera 11 500 sites au total, contre 18 500 pour les deux opérateurs aujourd’hui. 7 000 antennes vont ainsi être démantelées, et une société commune sera constituée pour gérer les équipements passifs et le service de « ran-sharing ». Enfin, au sein du réseau mutualisé, chaque opérateur conservera et maîtrisera ses propres fréquences, ses services et son cœur de réseau.

Au-delà des avantages financiers, « il s’agit d’améliorer la qualité (meilleurs débits, y compris en 2G et 3G) et d’avoir une meilleure couverture du territoire ». En outre, « le réseau sera plus concurrentiel car, sur certaines zones, il sera beaucoup plus performant qu’aujourd’hui ».

Cet accord a été accueilli favorablement par l’ARCEP. Le principe d’accord de mutualisation de réseaux mobiles est encouragé, sous certaines conditions, par le cadre d’attribution des autorisations d’utilisation de fréquences 4G élaboré en 2011. L'Autorité estime que la mutualisation des réseaux peut permettre aux opérateurs de baisser leurs coûts de fonctionnement. Comme le rappelle Jean-Ludovic Silicani, dans Challenges : « L’accord doit respecter deux objectifs : la dynamique concurrentielle et un service de meilleure qualité aux utilisateurs. »

Tour d’horizon européen

Les exemples européens montrent que les opérateurs mobiles ont recours à la mutualisation dans plusieurs pays, parmi lesquels : le Royaume-Uni, l’Irlande, la Pologne, la Suède, l’Espagne, la République tchèque et le Danemark. Ces accords ont pris des formes diverses, notamment au niveau du périmètre géographique et de l’étendue des technologies déployées en commun (2G, 3G ou 4G).

La Suède compte ainsi, depuis 2001, plusieurs accords de mutualisation, couvrant des périmètres et des technologies différents, si bien que chaque opérateur mobile suédois possède au moins un accord de mutualisation. En Espagne, Orange et Vodafone ont conclu en 2006 un accord de mutualisation 3G uniquement dans les zones rurales. Au Danemark, Telenor et TeliaSonera mutualisent depuis 2012 l’intégralité de leurs réseaux d’accès 2G, 3G et 4G.

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